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  Anaïs Samarsky, télématicienne chez EvoLink

À ses débuts, la programmation est perçu comme un domaine féminin et le sera jusqu’à la fin des années 60. Les premières informaticiennes ont appris à programmer en autodidacte. Les activités des femmes dans ce domaine n’étaient pas perçues comme importantes et, à cette époque, on ne pensait pas que la programmation pouvait avoir une valeur économique.

À cette époque, toute l’économie tournait autour de la production de matériel (hardware) où les hommes étaient présents. Le tournant s’est opéré avec la naissance de l’industrie du logiciel dans les années 1960. La programmation devient alors plus prestigieuse, car elle peut désormais produire de la valeur économique. Ce développement amène à la mise en place des premières formations en informatique.

Ces formations attireront de nombreux hommes et leur nombre ne fera qu’augmenter avec le temps…Qu’en est-il de la place des femmes dans ce domaine aujourd’hui ? Rencontre avec Anaïs, notre télématicienne.

Anaïs, quel est ton parcours professionnel ? 
Après l’école obligatoire, j’ai commencé le gymnase que j’ai arrêté car cela ne correspondait pas à mes aspirations. Je me suis rendue au SeMo qui m’a permis de décrocher une place d’apprentissage dans un bureau d’architecture en tant que dessinatrice en bâtiment. J’ai cependant dû arrêter suite à des problèmes familiaux.

Afin de savoir dans quelle voie me diriger, j’ai fait une multitude de stages, en travaillant parallèlement au Mc Donald. Grâce à ces stages, j’ai pris goût aux métiers de l’électricité. 

C’est alors que je me suis dirigée vers un apprentissage d’installatrice-électricienne. Durant cette formation, tout ne s’est pas passé comme je l’espérais. À la fin de cette expérience, je n’avais plus aucun plaisir dans ce métier-là. J’ai toutefois obtenu mon CFC et me suis orientée vers la passerelle qui permet aux électricien.n.es d’obtenir un CFC de télématicien.n.es en deux ans.  L’idée était de rester dans le domaine tout en y peaufinant ma technique.

Aujourd’hui, j’étudie en parallèle de mon poste chez EvoLink afin d’obtenir mon brevet de télématicienne – cheffe de projet, cet été.

D’où te vient le goût pour la télécom et l’informatique ?
Je n’avais aucune prédisposition à choisir un métier dans ces domaines-là. En commençant par l’électricité, j’ai découvert que la variété du métier me plaisait beaucoup. Bien que ma motivation ne fût plus au rendez-vous, je tenais à rester dans le domaine technique qui me plaît et me correspond.

Le monde de l’informatique est un univers très masculin. As-tu rencontré, en tant que femme, des difficultés à ton arrivée sur le marché du travail ?
Étonnamment non. Les mentalités sont plus ouvertes que pour le métier d’électricienne, je trouve. 
J’ai plus facilement des retours positifs que négatifs. Ce qui est motivant !

Les retours et remarques les plus improbables que j’ai reçus, étaient de la part de femmes. Soit, elles sont dubitatives face à une technicienne, soit, au contraire, elles sont enthousiastes parce qu’ « entre femmes, on se comprend mieux ».

On entend un peu de tout, mais jamais rien de méchant.

Quel regard portes-tu sur le fait que le secteur informatique soit très peu féminisé ? 
Je dois avouer que cela ne me choque pas, ayant fait quatre ans d’électricité, j’avais déjà l’habitude d’être la seule femme.

À ton avis, comment faire pour attirer plus de femmes vers des formations techniques ? 
Je pense, et j’espère surtout, que les choses mises en place actuellement pour arrêter de genrer un métier porteront leurs fruits. Mais les mentalités ont la vie dure.

Mise à part, montrer, encore et encore aux gens que, non, la technique n’est pas un monde d’homme, je ne sais pas trop. Au final, il s’agit d’un métier comme un autre, il en faut pour tous les goûts. Les jeunes doivent savoir qu’une infinité de possibilités se présentent à eux, filles ou garçons, et libre à eux de faire ce qui leur plaît ensuite !

Qu’aimerais-tu dire aux filles et femmes qui hésitent encore à choisir cette voie professionnelle ?  
Croyez en vous. La technique c’est comme tout, il suffit de s’y mettre et tout devient possible. Les hommes “galèrent” tout autant que nous, si ce n’est plus. La logique féminine permet une autre approche et cela apporte souvent un plus.